
Les ministres des finances de la zone Euro se sont réunis hier mardi afin de discuter à nouveau des moyens de garantir la stabilité financière des pays membre et de venir en aide à ceux dont la dette est la plus importante. Parmi les sujets abordés, le rôle de la BCE et du FMI étaient au centre des discussions. Revenons ensemble sur les conclusions de ce sommet et sur les solutions proposées.
La première question a avoir été abordée durant cette réunion fut bien-entendu l'augmentation des fonds du FMI afin que celui-ci puisse aider les pays européens en proie à une forte crise de la dette.
Les ministres se sont donc accordé sur une étude rapide de cette solution qui envisage de permettre au FMI des prêts bilatéraux en zone Euro.
Le but principal de cette manœuvre serait d'accroître la marge de manœuvre de l'organisme afin qu'il soit coordonné avec la nouvelle force de frappe du FESF, étant donné que ce fond de secours va prochainement subir un renforcement important de ses ressources. En s'alignant avec le FESF, le FMI pourra ainsi mettre en place une collaboration plus efficace et coordonnée.
Mais le rôle du FMI n'est pas le seul à préoccuper les dirigeants européens et, si ces derniers sont tombés d'accord sur ce point, d'autres sujets restent sujet à la discorde comme le rôle de prêteur évoqué au sujet de la Banque Centrale Européenne. L'idée étant de permettre à la BCE de prêter de l'argent au FMI, qui prêtera à son tour aux pays en difficulté. Certains ministres pensent au contraire que la BCE doit rester un organisme indépendant et que c'est donc à elle de décider d'accepter ou non cette demande.
Les deux principaux sujets à traiter sont donc le rôle de la BCE et celui du FMI dans le cadre de la crise de la dette européenne. Plusieurs dirigeants européens pensent en effet que ces deux organismes pourraient intervenir de manière plus importante dans le processus. Bien entendu, pour que la BCE puisse prêter de l'argent aux Etats, elle doit le faire indirectement en passant par le FMI, car son statut lui interdit les financements directs.
Le besoin évoqué par les ministres à l'initiative de cette proposition est une plus forte stabilité de la zone Euro et une action coordonnée des trois grands organismes financiers à savoir le FMI, la BCE et le FESF.
Le problème vient essentiellement du fait que l'augmentation des fonds du FESF, prévu lors de la dernière réunion au sommet des ministres européens, n'est pas si simple à mettre en œuvre et que l'on est encore loin des prévisions concernant les 1 000 milliards d'Euros. Les ministres ont ainsi reconnu hier que cet objectif était tout simplement inatteignable. Une solution permettant tout de même au FESF de mener à bien son action, serait de mettre en place un système d'assurance à hauteur de 20 à 30% pour les investisseurs qui rachètent de la dette européenne, surtout en ce qui concerne les pays les plus en danger.
L'autre sujet qui provoque des tensions est l'augmentation des ressources du FMI puisque les partenaires américains se prononcent contre cette solution, estimant que les ressources actuelles de l'organisation sont de loin suffisantes et adaptées à la situation alors que les européens estiment de leur côté que le FMI ne dispose pas des réserves suffisantes pour aider des pays très fortement endettés comme l'Espagne, l'Italie ou le Portugal.