
L'Euro peine aujourd'hui à se stabiliser face aux autres devises internationales du Forex dans l'attente des résultats du second sommet européen prévu demain à Bruxelles. De mauvais indicateurs sont la cause de la récente baisse du cross EUR/USD alors que l'Espagne voit le taux de ses obligations à court terme augmenter dangereusement. Voici un point précis sur ces deux actualités.
La dernière émission de bons à 3 et 6 mois du trésor espagnol ce matin a renforcé les inquiétudes des cambistes à la veille du sommet européen. Ce sont près de 3.5 milliards d'Euros que l'Espagne a émis ce matin avec un taux en hausse de 2.292% sur 3 mois et 3.302% sur 6 mois.
Le financement de l’Espagne coûte donc de plus en plus cher au pays, bien que les investisseurs ne soient pas en manque. Rappelons que les taux sur ces obligations à 3 et 6 mois avaient déjà fait l'objet d'une hausse le mois dernier. La situation est donc inquiétante pour ce pays déjà considéré comme un danger pour l'ensemble de la zone Euro.
Plusieurs rumeurs circulent actuellement sur d'autres pays en danger comme l'Italie, qui pourrait, selon elles, demander une aide très prochainement. Tout ceci ajoute encore au climat de craintes pour l'avenir de la zone Euro et le solutionnement de la crise des dettes souveraines qui apparait désormais comme relevant du défi pour les autorités européennes.
On observe cependant un regain d'optimisme partiel de la part des investisseurs à la veille du second sommet européen de Bruxelles qui doit donner des réponses claires et coordonnées quant à la résolution du problème européen.
Malgré de bons chiffres en début de semaine, les places boursières reculent à nouveau ce matin, tout comme la monnaie unique, après la publication d'indicateurs économiques décevants.
Ce matin ont en effet été diffusé les indices des directeurs d'achat manufacturier et des services qui montrent encore une baisse d'activité depuis le mois dernier, et ce, tant pour la France que pour l'Allemagne et l'ensemble de la zone Euro.
Dans la crainte que les mesures prises demain ne soient pas à la hauteur du problème, les investisseurs se montrent donc extrêmement prudents, ce qui entraine un léger recul des valeurs européennes sur l'ensemble des marchés financiers et boursiers.
Durant ce second sommet européen, les dirigeants des pays de la zone Euro doivent accueillir les propositions élaborées dimanche dernier lors de la première rencontre pour, d'une part, recapitaliser les banques, et d'autre part, renforcer le FESF et lui attribuer un rôle de soutien à la zone Euro.
C'est avant toutes choses l'augmentation des fonds du FESF qui pose actuellement problème étant donné les récents désaccords entre la France et l'Allemagne à ce sujet. L'augmentation des fonds disponible se veut cependant une action indispensable, les 440 milliards d'Euro actuels n'étant pas jugés suffisant pour parer à une éventuelle augmentation de la crise des dettes souveraines et une contagion de celle-ci à l'ensemble des pays de la zone.
La Grèce est également au cœur des débats puisque c'est elle qui demande de plus de contribution financière actuellement, mettant le secteur bancaire en danger. Angela Merkel a déjà fait part de son souhait de réduire la dette du pays de plus de 50%, mesure qui entraînerait la mise en danger du secteur bancaire. De ce fait, une recapitalisation des banques est également en cours de négociation.