
Cette semaine, nous avons pu assister à un phénomène très inquiétant pour l'avenir de la zone Euro, c'est à dire une augmentation sensible des taux à long terme des pays les plus fragilisés de la zone. Parmi ces pays, un nous inquiète particulièrement. Il s'agit de l'Italie qui accumule les rumeurs sur l'état de sa dette. Cette nouvelle intervient de plus au moment où les médias sont presque tous en train de débattre sur le problème des dettes souveraines en zone Euro avec comme toile de fond le questionnement sur la solvabilité des banques.
Pour comprendre pourquoi les investisseurs réagissent de cette façon, il faut admettre l'ambiance de cacophonie générale qui règne autour de l'Euro actuellement. Les marchés semblent en effet perdre de plus en plus confiance en la capacité des autorités à redresser la situation, ce qui a des répercussions plus ou moins importantes sur les pays les plus fragiles de la zone.
Or, après la Grèce, c'est aujourd'hui l'Italie qui est la cible des traders. On a pu l'observer tout particulièrement depuis le début de la semaine avec une tension nouvelle sur les taux italiens sur 10 ans qui ont atteint mardi un record à 5.68%. Plus impressionant encore, la prime de risque calculée en mesurant l'écart entre les taux italiens et les taux allemands (qui servent ici de référence), ont affiché un spread de 404 points, une première historique.
D'autre part, on sait également que l'Italie a récemment été la cible principale de rumeurs concernant un rachat de dette de la part de la Chine. Largement médiatisée et absolument pas fondée, cette idée a tout de même contribué à accroître les craintes des investisseurs quant aux risques des obligations italiennes.
C'est donc durant la journée de mardi que l'on a pu observer l'ampleur du phénomène avec l'émission en fin de matinée de plus de 3.86 milliards d'euros d'obligations sur 5 ans par le gouvernement de Rome.
Ce sont bien-entendu les taux de ces obligations qui ont démontré les conséquences des craintes des investisseurs vis à vis des pays à risque. On a alors atteint des taux d'intérêt de 5.6% alors que ces taux tournaient autour des 4.93% avant cette date.
Par ailleurs, ce nouvel évènement négatif peut engendrer une augmentation du stress des investisseurs face au problème grec et à la dette souveraine européenne dans son ensemble. C'est sans doute pour cette raison que l'Euro ne parvient toujours pas à reprendre les points perdus sur le Forex.
Suite aux rumeurs concernant le rachat d'une partie de la dette de l'Italie par la Chine, le gouvernement de Rome a tenté de démentir l'information en a même affirmé ne pas avoir entretenu de quelconque discussion autour de ce sujet avec Pekin. La cause de cette rumeur seraite en réalité de simples échanges quant à la possibilité pour les chinois d'investir sur le territoire italien.
Malgré ces efforts, force est de constater que l'Italie ne parvient pas à convaincre les investisseurs de sa bonne foie, les traders continuant de se détourner des obligations du pays, et ce, même si un plan de rigueur devant permettre plus de 54 milliards d'euros d'économie a été mis en place durant la journée d'hier et approuvé par Nicolas Sarkoy et Angela Merkel.