
Bien que l'Allemagne soit de loin le pays le plus économiquement autonome et solide de la zone euro, ses obligations ont subi mercredi une souscription bien en dessous de ce qu'avait prévu le gouvernement dans un contexte de marché très volatile.
En effet, l'Agence financière allemande, qui avait prévu de vendre pour 11 milliards d'euros d'obligations au total, soit 5 milliards pour ce deuxième tour a subi un choc en découvrant les résultats. Ce ne sont en effet que 4,5 milliards d'euros qui ont été offerts par les investisseurs contre les fameux bons du trésor à un taux de 0,92% en moyenne. L'opération, menée par la Bundesbank a donc été un échec, bien que la santé financière du pays ne soit pas menacée.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'Allemagne subit ce type de désagréments mais la troisième fois consécutive. Les deux semaines qui ont précédé ont en effet vu les obligations de Bobl et de Bund à respectivement 5 et 10 ans subir le même sort puisqu'elle n'ont pas été émises dans leur totalité. C'est presque 6 opérations de l'Agence financière allemande qui ont été sous-souscrites cette année sur un total de 70 opérations. Selon le porte parole de l'Agence, l'Allemagne subirait ainsi les conséquences des doutes qui planent sur la zone euro suite aux crises grecque et irlandaise qui ont rendu la marché fortement volatile.
En effet, la majorité des obligations européennes ont subi le même sort et ont souffert à différents degrés de cette situation inquiétante. Rappelons que le pays qui a vu le plus ses obligations sous-souscrite est le Portugal, directement impliqué dans la crise financière.
Les investisseurs, qui attendaient avec impatience une proposition émanant de la rencontre des ministres européens de Bruxelles n'ont pas obtenu les réponses qu'ils attendaient. Par ailleurs, le débat reste ouvert quant à la possibilité de mettre en place des euro-obligations. Possibilité contre laquelle l'Allemagne est évidemment fortement opposée.
Cette opposition ferme du gouvernement allemand est compréhensible puisque le pays est actuellement l'émetteur le plus fiable de la zone euro. Une émission d'euro-obligations serait en effet soumise à des taux d'intérêt bien plus élevés que ceux appliqués par l'Allemagne actuellement. Les coûts de financement du pays en souffrirait donc beaucoup.
Le marché risque donc de rester en suspend dans les jours à venir et l'euro devrait se stabiliser face aux principales devises ou marquer une légère tendance baissière.